Du vieillisse:ment dans nos sociétés.
Comment la vieillesse est-elle devenue un produit d’étude sociologique ?
Telle est la question que se pose Vincent Caradec dans le Chapitre I dans lequel il traite d’une part de la question de l‘institutionnalisation du problème de la vieillesse, d’autre part de la question relative à la catégorisation de la vieillesse auquel il associe l’analyse des représentations sociales de la vieillesse.
Dans ce chapitre Vincent Caradec explique le processus d’institutionnalisation de la vieillesse dans le système institutionnel au regard la théorie de la stratification de l’âge a laquelle il substitue la théorie de la vieillesse comme parcours de vie définit par Martin Kolli[1] comme une institution sociale c’est-à-dire »comme un ensemble de règle qui ordonne une dimension sociale de la vieillesse.
C’est ainsi que Vincent Caradec justifie l’institutionnalisation du cours de la vie dans le système institutionnel qui régule et ordonne le parcours de vie comme ordre social dans la vieillesse.
La vieillesse ne se détermine plus non seulement comme un processus de l’action physique de l’individu dans son parcours de vie. La vieillesse constitue un phénomène social ayant des incidences sur l’ordre social que les institutions doivent réguler.
En vu de montrer cette évolution Vincent Caradec s’appui sur l’exemple de la naissance des retraites et des retraités dans le système institutionnel au regard d’une approche socio-historique de la vieillesse et du vieillissement.
Dans ce cadre là, Vincent Caradec analyse d’une part la généralisation de la vieillesse au regard des transformations sociétales et de la spécialisation du système sociale de la vieillesse.
Ayant émergé comme problème politique sociale au milieu du XIX ième siècle du fait de l’apparition d’un système de national de retraite à la fin de l’ancien régime, la vieillesse et le vieillissement deviennent qui un objet d’étude qui se généralise dans la société du fait de la mise en place de mécanisme d’aide et d’assistance autre que ceux mis en place à l’époque du philanthropisme au XVIII et XIX ième siècle, du socialisme municipale au milieu du XIX ième siècle.
En effet, dès le XIX ième siècle le système sociale de la vieillesse et du vieillissement s’institutionnalise de la vieillesse comme problème politique du fait de la mise en place des formes de sécurité sociale adaptée à la révolution.
Cette phase marque l’émergence d’un système moderne des retraites.
En ce sens, la vision des retraites changent. Les retraites ne sont plus envisagées comme un système de protection contre l’invalidité.
A cette date la vieillesse commence donc à se construire comme un problème social auquel il faut trouver des solutions politiques.
La vieillesse devient un problème politique à la main des politiques publiques qui traite cette question par la production de lois significatives pour la société.
Il s’agit :
- de la loi de 1850 qui pose les premiers termes de la constitution d’un ensemble de personnes susceptibles de disposer d’un droit d’assistance : invalide, personnes incurables, vieillards et indigents.
- de la loi de 1905.
- et de la loi de 1910 : loi d’assurance sociale des retraites ouvrières
Vincent Caradec souligne l’importance de ces lois.
Elle constitue une phase essentielle du processus d’institutionnalisation qui se caractérise par l’institution d’établissement d’accueil des personnes nécessitant d’une aide.
Par la suite, le système de la vieillesse continue à se généraliser dans les années 1945 à la suite de la mise en place d’un système général de retraite qui poursuit son évolution en 1947 avec la création de régime spécial de retraite.
Les politiques de la vieillesse s’institutionnalisent du fait de la mise en place des outils et mécanismes d’assistance dont bénéficie de nouvelles catégories de retraité.
Ces nouvelles mesures marquent l’émergence de nouvelles catégories de retraite.
En effet, à cette date nous pouvons constater un changement de vocabulaires qui coïncide avec l’élaboration de nouvelles normes se caractérisant par la naissance d’un statut social de retraité qui prend une place importante au sein de la société en terme économique.
Ce phénomène coïncide avec la constitution d’un public cible sujet aux politiques publics de l’Etat.
Vincent Caradec souligne le fait que l’Etat ne prend plus simplement en compte un droit, il pense les politiques en termes d’individus vieillissant dans le cours du cycle normale du parcours de vie.
En ces termes, l’insertion des individus dans la société dérive de leur statut social de retraité que le rejet du monde du travail. Dans ce cadre là, les personnes âgées sont susceptibles d’être enclin à un sentiment de dévalorisation sociale du marché du travail. Cette constatation amène alors l’auteur à se poser la question de l’incidence économique de la retraite sur le marché du travail.
Vincent Caradec souligne que cette incidence s’articule autour de la désinstitutionalisation du cours de la vie dans les années 1970.
Ce fait marquant corrobore avec le phénomène de sortie précoce du marché du travail fixée entre 55 et 65 ans.
A cette date l’évolution des politiques publiques de la vieillesse est significative puisque de nouveaux enjeux en lien ave la structuration des âges émerge dans la société.
Ces nouveaux questionnements portent sur le niveau de l’emploi des personnes âgées, le délaissement des revendications traditionnelles ainsi que sur la recherche de solution pour remédier à la crise du chômage.
Parallèlement à la mise en œuvre de cette politique, de nouveaux mécanismes de retraite tel que l’assurance chômage et l’assurance invalidité sont mis en place.
En conséquence, le parcours des âges se transforme.
Selon Vincent Caredec, le parcours de vie est sujet à un control sociale. En ce sens, le facteur âge devient un critère primordial dans la structuration du parcours de vie comme institutionnalisation de la politique de vieillissement comme problème social du fait de l’évolution de la société.
En ces termes, les politiques du vieillissement sont entendues en termes de « bricolage institutionnel » reposant sur l’intégration de l’individu au sein du système sociale de la retraite. Ceci s’explique par l’émergence de nouvelles catégories sociale en prise avec le vieillissement.
Cette évolution vers une nouvelle catégorisation sociale de » la vieillesse implique donc de redéfinir les termes de la vieillesse et du vieillissement.
En effet, la nouvelle catégorisation de la vieillesse prend forme selon Vincent Caradec à l’issu de l’invention du « troisième âge » au cours des années 1970.
De ce fait, en lien avec l’apparition du troisième âge, de nouveaux questionnements relatifs à la retraite se construisent au niveau politique.
Des questions relatives au mode de vie des personnes âgées ayant droit à la vieillesse sont mises à l’ordre du jour.
Ces problèmes sociaux sont traités dans le rapport Laroque datant de 1962 qui prévoit des dispositions relatives à l’insertion des personnes âgées dans la société.
En ces termes, à l’issu de ces questions, une nouvelle conception de la vieillesse partagées par les acteurs politiques se dessine.
La vision partagée de la vieillesse rejoins l’idée de l’émergence d’une vieillesse dépendante qui se développe en cette période de papy boom.
Partant de ce constat, Vincent Caradec montre que cette nouvelle politique s’accompagne de la mise en place de nombreux outils alimentant la dépendance des personnes âgées au système institutionnel d’aide à la vieillesse.
Dans ces circonstances, le système institutionnel de la vieillesse repose sur le financement de la vieillesse et sur la question de l’échelle d’action.
Ce sont de nouveaux enjeux qui nécessitent de délimiter les frontières d’élaboration des projets innovants destinés aux personnes âgées.
Dans le cadre de cette politique Vincent Caradec constate l’éclosion d’une nouvelle catégorie dit « nouveau public-cible de marketing » appelés les séniors sujets à être attiré par ses nouvelles politiques.
En ces termes, Vincent Caradec souligne que la vieillesse et le vieillissement sont en prise avec les représentations sociales qui permettent de faire évoluer la conception de la vieillesse.
En effet, à l’issu de ces actions, la vieillesse et le vieillissement ne font plus transparaitre une image négative dite « augustinienne » marquant le retrait au monde et la méditation.
A contrario, Vincent Caradec démontre que la vieillesse correspond à l’image cicéronienne qui prône le maintien de la vie dans la société.
Ces nouvelles perspectives sociologiques de la vieillesse et du vieillissement sont dans leur contexte en adéquation avec le changement sociale de la vieillesse.
En l’espèce, la vieillesse et le vieillissement ne véhicule plus l’image de la misère sociale.
En effet, dans notre société contemporaine, une image positive de la vieillesse et du vieillissement est véhiculé dans les discours politiques, sociologiques et médiatiques et influe l’organisation du mode de vie des personnes âgées.
Premièrement, comme le signale Vincent Caradec le temps de la vieillesse et du vieillissement permet aux personnes âgées de s’occuper de soi, de vaquer à des occupations de loisirs, de valoriser son statut social ainsi que de promouvoir son épanouissement personnel.
Deuxièmement, la vieillesse le mode de vie choisie favorise l’insertion de l’individu dans la société en termes de dépendance et d’indépendance des solidarités publiques et familiales.
Vincent Caradec remarque que cette situation concerne essentiellement les familles ouvrières qui arrivée à l’âge de la retraite sont exclus du marché du travail. Ce fait explique qu’ils sont dépendants du système institutionnel.
Ce constat nous amène à étudier le rapport de génération qui se forme entre le groupe d’âge des retraités.
Vincent Caredec s’interroge sur les modalités de la division sociale des solidarités entre génération afin de comprendre la dépendance des personnes en prise avec les institutions.
En ces termes, Vincent Caradec opère une conceptualisation sociétale du rapport entre les générations qui dépendent du système sociale démocrate et celle qui sont sous la dépendance du système sociale de l’Etat-Providence qui au jour d’aujourd’hui disparaît.
De ce fait, Vincent Caradec note le développement des inégalités entre le groupe d’âges des personnes âgées qui sont confrontés aux risques de dépendances et le groupe d’âge des personnes âgées autonome.
L’enjeu des politiques institutionnel de la vieille se définit ainsi comme un enjeu financier que l’Etat-Providence ne peut plus respecter.
En cela, Vincent Caradec relève la nécessité de redéfinir la vieillesse par rapport à la place des personnes âgées dans la société d’ajourd’hui.