Du vieillisse:ment dans nos sociétés.

Publié le par Dalila Sarah

         Melle Dalila Sarah Zouache

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fiche de lecture :

 

Vincent Caradec «  Sociologie de la vieillesse et du vieillissement »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

 

Selon le Professeur Pierre Bourdieu : «  la jeunesse n’est qu’un mot » qui pourrait aussi bien s’appliquer à la vieillesse comme le pense Vincent Caradec dans cette ouvrage.

 

 

 En l’espèce, menant une étude microsociologique relative à la vieillesse et au vieillissement, Vincent Caderec professeur de sociologie à Lille III et directeur du GRACC tente de peindre le tableau de l’évolution des représentations sociales en lien avec ce sujet d’étude.

 

Vincent Caradec s’intéresse donc dans cet ouvrage intitulé Sociologie de la vieillesse et du vieillissement au regard que porte la société  sur la vieillesse.

 

Au vu de cette étude,  Vincent Caderec s’intéresse d’une part à la construction du vieillissement comme objet de politiques publiques institutionnel et d’autre part il  étudie la sociologie de la vieillesse et du vieillissement  comme le cycle normale du parcours de vie  des individus dans la société influençant le mode de vie des personnes âgées.

 

L’auteur de l’ouvrage nous amène dans sa réflexion à nous poser la question de savoir d’une part comment a travers les âges la vieillesse et le vieillissement  est devenue objet d’étude sociologique et d’autre part comme la vieillesse et le vieillissement sont devenues objet de production des politiques publiques ainsi que de théorie sociologique.

 

Dans la continuité de  ces pistes de recherche, l’auteur pose la problématique suivante :

 

 

Dans quelle mesure la vieillesse constitue un problème politique qui s’est  construit socialement au regard des acteurs institutionnels, des sociologues et des individus sujet au vieillissement?

 

 

En vu de répondre à cette problématique, Vincent Caradec procède en quatre  phases.

 

 

En premier lieu, dans une introduction concise l’auteur pose cette question essentielle de savoir « qu’est-ce que la vieillesse ?».

 

 

En second lieu, donnant une définition sociale de la vieillesse, Vincent Caradec poursuit son raisonnement en vu de montrer dans le chapitre I comment la vieillesse et devenu un objet d’étude sociologique

 

En vu de mener à bien cette étude, Vincent Caredec analyse le processus de catégorisation sociale de la vieillesse.

 

 

Ensuite, dans le chapitre II, Vincent Caradec  s’intéresse à l’étude et aux pratiques des personnes âgées en menant une approche comparative entre la France et les Etats-Unis afin de démontrer comment est vécu le passage de la vieillesse par les personnes âgées.

 

 

Enfin, dans le chapitre III, l’auteur examine les théories sociologiques relatives à l’incidence de la vieillesse et du vieillissement sur l’identité de la personne vieillissante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Explication de l’ouvrage

 

 

Définissant socialement la vieillesse (a),  Vincent Caradec nous nous expose sa théorie relative à l’émergence de la vieillesse comme problème sociale (b) ainsi que  sa conception du passage à la retraite comme « cap »difficile à franchir pour les personnes âgées (c).a) La définition sociale de la vieillesse : 

 

 

a) la définition sociale de la vieillesse :

 

S’appuyant sur des données empiriques Vincent Caredec tente de définir la vieillesse comme un problème sociale.

 

Dans ce cadre là, il dresse une histologie de la vieillesse ayant émergé comme sujet d’étude à partir du XIX ième siècle du fait de la révolution industrielle et de l’évolution démographique, économique et sociologique et des différences sociales qui marquent l’appartenance à une catégorie.

 

Partant de ce constat, Vincent Caredec se pose la  question de savoir « qu’est-ce qu’être vieux ? » c’est-à-dire à tenter de déterminer comment se construit la catégorie vieillesse. 

 

La vieillesse se détermine-telle en fonction des différences sociales, des caractéristiques biologiques ou en fonction de l’âge chronologique ?

 

A partir de ce questionnement sociologique, Vincent Caradec pose quelques distinctions conceptuelles relatives à la définition sociale de la vieillesse.

 

 

Selon l’auteur, deux conceptions de la vieillesse peuvent être mise en perspective.

 

 

En premier lieu, selon l’auteur, la vieillesse peut se définir en termes de progression d’âge c’est-à-dire en terme de processus de vieillissement.

 

En l’espèce, la définition sociale de la vieillesse s’explique par l’étude de la théorie de la stratification s’opposant à la théorie suivante.

 

 

En second lieu, l’auteur nous expose que l’individu peut être considéré comme vieux du fait de son appartenance à une cohorte c’est-à-dire à une génération de personnes appartenant au même groupe d’âge, partageant la même vision de la vieillesse et ayant  socialisation commune

 

 

Au vu de ces théories, l’étude de Vincent Caradec s’articule autour de trois points :

 

 

-premièrement de l’étude de la strate d’âge de la vieillesse.

 

 

En ces termes, il s’intéresse d’une part à la construction sociale de la vieillesse comme strate de la vie d’autre part aux représentations sociales qui lui sont associés ainsi qu’à la mise en forme des rapports entre génération.

 

- deuxièmement, Vincent Caradec étudie minutieusement  les personnes âgées.

 

Il décrit ce groupe d’âge en s’interrogeant par ailleurs d’une part à la spécificité des personnes âgées et d’autre part à l’homogénéité de ce groupe âge.

 

 

- troisièmement, Vincent Caradec étudie le vieillissement sur le plan individuelle c’est-à-dire au niveau microsociologique en vue de montrer les transformations du regard de la vieillesse au regard de l’avancement de l’âge  de la retraite à la mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

b) l’émergence de la vieillesse comme construit  social :

 

 

Comment la vieillesse est-elle devenue un produit d’étude sociologique ?

 

Telle est la question que se pose Vincent Caradec dans le Chapitre I dans lequel il traite d’une part de la question de l‘institutionnalisation du problème de la vieillesse,  d’autre part de la question relative à la catégorisation de la vieillesse auquel il associe l’analyse des représentations sociales de la vieillesse.

 

 

Dans ce chapitre Vincent Caradec explique le processus d’institutionnalisation de la vieillesse dans le système institutionnel au regard   la théorie de la stratification de l’âge a laquelle il substitue la théorie de la vieillesse comme parcours de vie définit par Martin Kolli[1] comme une institution sociale c’est-à-dire »comme un ensemble de règle qui ordonne une dimension sociale de la vieillesse.

 

 

C’est ainsi que Vincent Caradec justifie l’institutionnalisation du cours de la vie dans le système institutionnel qui régule et ordonne le parcours de vie comme ordre social dans la vieillesse.

 

 

La vieillesse ne se détermine plus non seulement comme un processus de l’action physique de l’individu dans son parcours de vie. La vieillesse constitue un phénomène social ayant des incidences sur l’ordre social que les institutions doivent réguler.

 

 

En vu de montrer cette évolution Vincent Caradec s’appui sur l’exemple de la naissance des retraites et des retraités dans le système institutionnel au regard  d’une approche socio-historique de la vieillesse et du vieillissement.

 

 

Dans ce cadre là, Vincent Caradec analyse d’une part la généralisation de la vieillesse au regard des transformations sociétales et de la spécialisation du système sociale de  la vieillesse.

 

 

Ayant  émergé comme problème politique sociale au milieu du XIX ième siècle du fait de l’apparition d’un système de national de retraite à la fin de l’ancien régime, la vieillesse et le vieillissement deviennent qui un objet d’étude qui se généralise dans la société du fait de la mise en place de mécanisme d’aide et d’assistance autre que ceux mis en place à l’époque du philanthropisme au XVIII et XIX ième siècle, du socialisme municipale au milieu du XIX ième siècle.

 

 

En effet, dès le XIX ième siècle le système sociale de la vieillesse et du vieillissement s’institutionnalise de la vieillesse comme problème politique du fait de  la mise en place des formes de sécurité sociale adaptée à la révolution.

 

 

Cette phase marque l’émergence d’un système moderne des retraites.

 

En ce sens, la vision des retraites changent. Les retraites ne sont plus envisagées comme un système de protection contre l’invalidité.

 

A cette date la vieillesse commence donc à se construire comme un problème social auquel il faut trouver des solutions politiques.

 

La vieillesse devient un problème politique à la main des politiques publiques  qui traite cette question par la production de lois significatives pour la société.

 

 

Il s’agit :

 

 

- de la loi de 1850 qui pose les premiers termes de la constitution d’un ensemble de personnes susceptibles de disposer d’un droit d’assistance : invalide, personnes incurables, vieillards et indigents.

 

 

- de la loi de 1905.

 

 

- et de la loi de 1910 : loi d’assurance sociale des retraites ouvrières

 

 

Vincent Caradec souligne l’importance de ces lois.

 

 

Elle constitue une phase essentielle du processus d’institutionnalisation qui se caractérise par l’institution d’établissement d’accueil des personnes nécessitant d’une aide.

 

 

Par la suite, le système  de la vieillesse continue à se généraliser dans les années 1945 à la suite de la mise en place d’un système général de retraite qui poursuit son évolution en 1947 avec la création de régime spécial de retraite.

 

Les politiques de la vieillesse s’institutionnalisent du fait de la mise en place des outils et mécanismes d’assistance dont bénéficie de nouvelles catégories de retraité.

 

 

Ces  nouvelles mesures marquent l’émergence de nouvelles catégories de retraite.

 

 

En effet, à cette date nous pouvons constater un changement de vocabulaires qui coïncide avec l’élaboration de nouvelles normes se caractérisant par la naissance d’un statut social de retraité qui prend une place importante au sein de la société en terme économique.

 

 

Ce phénomène coïncide  avec la constitution d’un public cible sujet aux politiques publics de l’Etat.

 

 

Vincent Caradec souligne le fait que l’Etat ne prend plus simplement en compte un droit, il pense les politiques en termes d’individus vieillissant dans le cours du cycle normale du parcours de vie.

 

 

En ces termes, l’insertion des individus dans la société dérive de leur statut social de retraité que le rejet du monde du travail. Dans ce cadre là, les personnes âgées sont susceptibles d’être  enclin à un sentiment de dévalorisation sociale du marché du travail. Cette constatation amène alors l’auteur à se poser la question de l’incidence économique de la retraite sur le marché du travail.

 

 

Vincent Caradec souligne que cette incidence s’articule autour de la désinstitutionalisation du cours de la vie dans les années 1970.

 

 

Ce fait marquant corrobore avec le phénomène de sortie précoce du marché du travail fixée entre 55 et 65 ans.

 

 

A cette date l’évolution des politiques publiques de la vieillesse est significative puisque de nouveaux enjeux en lien ave la structuration des âges émerge dans la société.

 

 

Ces nouveaux questionnements portent sur le niveau de l’emploi des personnes âgées, le délaissement des revendications traditionnelles ainsi que sur la recherche de solution pour remédier à la crise du chômage.

 

 

Parallèlement à la mise en œuvre de cette politique, de nouveaux mécanismes de retraite tel que l’assurance chômage et l’assurance invalidité sont mis en place.

 

En conséquence,  le parcours des âges se transforme.

 

 

Selon Vincent Caredec, le parcours de vie est sujet à un control sociale. En ce sens, le facteur âge devient un critère primordial dans la structuration du parcours de vie comme institutionnalisation de la politique de vieillissement comme problème social du fait de l’évolution de la société.

 

 

En ces termes, les politiques du vieillissement sont entendues en termes de « bricolage institutionnel » reposant sur l’intégration de l’individu au sein du système sociale de la retraite. Ceci s’explique par l’émergence de nouvelles catégories sociale en prise avec le vieillissement.

 

Cette évolution vers une nouvelle catégorisation sociale de » la vieillesse implique donc de redéfinir les termes de la vieillesse et du vieillissement.

 

 

En effet, la nouvelle catégorisation de la vieillesse prend forme selon Vincent Caradec à l’issu de l’invention du « troisième âge » au cours des années 1970.

 

De ce fait, en lien avec l’apparition du troisième âge, de nouveaux questionnements relatifs à la retraite se construisent au niveau politique.

 

Des questions relatives au mode de vie des personnes âgées ayant droit à la vieillesse sont mises à l’ordre du jour.

 

 

Ces problèmes sociaux sont traités dans le rapport Laroque datant de 1962 qui prévoit des dispositions relatives à l’insertion des personnes âgées dans la société.

 

 

En ces termes, à l’issu de ces questions, une nouvelle conception de la vieillesse partagées par les acteurs politiques se dessine.

 

 

La vision partagée de la vieillesse rejoins l’idée de l’émergence d’une vieillesse dépendante qui se développe en cette période de papy boom.

 

 

Partant de ce constat, Vincent Caradec montre que cette nouvelle politique s’accompagne de la mise en place de nombreux outils alimentant la dépendance des personnes âgées au système institutionnel d’aide à la vieillesse.

 

 

Dans ces circonstances, le système institutionnel de la vieillesse repose sur le financement de la vieillesse et sur la question de l’échelle d’action.

 

 

Ce sont de nouveaux enjeux qui nécessitent de délimiter les frontières d’élaboration des projets innovants destinés aux personnes âgées.

 

 

Dans le cadre de cette politique Vincent Caradec constate l’éclosion d’une nouvelle catégorie dit « nouveau public-cible de marketing »  appelés les séniors sujets à être attiré par ses nouvelles politiques.

 

 

En ces termes, Vincent Caradec souligne que la vieillesse et le vieillissement sont en prise avec les représentations sociales qui permettent de faire évoluer la conception de la vieillesse.

 

 

En effet, à l’issu de ces actions, la vieillesse et le vieillissement ne font plus transparaitre une image négative dite « augustinienne » marquant le retrait au monde et la méditation.

 

 

A contrario, Vincent Caradec démontre que la vieillesse correspond à l’image cicéronienne qui prône le maintien de la vie dans la société.

 

 

Ces nouvelles perspectives sociologiques de la vieillesse et du vieillissement sont dans leur contexte en adéquation avec le changement sociale de la vieillesse.

 

 

En l’espèce, la vieillesse et le vieillissement ne véhicule plus l’image de la misère sociale.

 

 

En effet, dans notre société contemporaine, une image positive de la vieillesse et du vieillissement est véhiculé dans les discours politiques, sociologiques et médiatiques et influe l’organisation du mode de vie des personnes âgées.

 

 

Premièrement, comme le signale Vincent Caradec le temps de la vieillesse et du vieillissement permet aux personnes âgées de s’occuper de soi, de vaquer à des occupations de loisirs, de valoriser son statut social ainsi que de promouvoir son épanouissement personnel.

 

 

Deuxièmement, la vieillesse le mode de vie choisie favorise l’insertion de l’individu dans la société en termes de dépendance et d’indépendance  des solidarités publiques et familiales.

 

 

Vincent Caradec remarque que cette situation concerne essentiellement les familles ouvrières qui arrivée à l’âge de la retraite sont exclus du marché du travail. Ce fait explique qu’ils sont dépendants du système institutionnel.

 

 

Ce constat nous amène à étudier le  rapport de génération qui se forme entre le groupe d’âge des retraités.

 

 

Vincent Caredec s’interroge sur les modalités de la division sociale des solidarités entre génération afin de comprendre la dépendance des personnes en prise avec les institutions.

 

 

En ces termes, Vincent Caradec opère une conceptualisation sociétale du rapport entre les  générations qui dépendent du système sociale démocrate et celle qui sont sous la dépendance du système sociale de l’Etat-Providence qui au jour d’aujourd’hui disparaît.

 

 

De ce fait, Vincent Caradec note  le développement des inégalités entre le groupe d’âges des personnes âgées qui sont confrontés aux risques de dépendances et le groupe d’âge des personnes âgées autonome.

 

 

 

L’enjeu des politiques institutionnel de la vieille se définit ainsi comme un enjeu financier que l’Etat-Providence ne peut plus respecter.

 

 

En cela, Vincent Caradec relève la nécessité de redéfinir la vieillesse par rapport à la place des personnes âgées  dans la société d’ajourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans poetica

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