Les réseaux de parenté
Dissertation : la « notion de « famille en réseau nouveau » modèle familiale en construction ?
Etienne (J.), Bloess (F.), Noreck (J-P), Roux (J-P), Dictionnaire de sociologie, Hatier, Paris, Aout 2004.
Sous la direction Le Gall et Bettahar, la pluriparentalité, PUF, 1ère édition, 2001.
Segalen Martine, Jeux de familles, Presses du CNRS, Paris, 1991.
Sous la direction de François Singly, Le nouvel esprit de famille : l’état des savoirs, Editions la découverte, Paris 1991.
« Le nombre de famille recomposée ne fait pas exception, il s’élève à 10 pourcent » déclare Jean-Paul Sauzède.
Ce phénomène constaté par de nombreux auteurs tel que Didier Legall et Claude Martin nous amène à étudié la question de la recomposition familiale.
En effet, dans le texte étudié « L’instabilité conjugale et la recomposition familiale », Claude Martin nous expose leur thèse sur ce sujet.
Dans un premier temps, partant du constat de la croissance du nombre de divorce, les deux auteurs déduisent que le nombre de divorce induit la recomposition des familles en réseau.
Ayant posé leur théorie, les auteurs s’attachent dans un second temps à expliquer ce phénomène.
En premier lieu, les auteurs soulignent que la recomposition des familles résulte du désengagement des institutions.
En second lieu, les auteurs constatent que ce phénomène s’explique par le retrait du droit dans les régulations des interactions privées et publics au sein de la famille.
En ces termes, Didier Legall et Claude Martin conclu que ces deux causes provoque une dissociation de la famille laquelle peut se recomposer et forme un « autre modèle familiale qui se substitue à l’ancien[1].
Ayant abouti à cette conclusion, les auteurs nous décrivent les incidences de la recomposition de la famille sur le modèle familiale.
Ils soulignent d’une part qu’au sein de famille recomposée le lien de parenté se pérennise et se substitue à l’ancien. Ils remarquent d’autre part qu’une nouvelle famille se caractérisant par des formes complexes et de nouvelles relations familiales prend forme.
Cette nouvelle famille s’associe à la famille qui se forme après la désagrégation du foyer familiale.
Les auteurs qualifient ce phénomène par le terme de constitution d’une famille en réseau. Cette notion ayant pour objet de qualifier les recompositions familiales est nouvelle en sociologie de la famille d’où l’intérêt de se poser la question de savoir dans quelle mesure la notion de « famille en réseau » peut constituer un nouveau modèle familiale.
En l’espèce, cette question nous permettra de déterminer l’intérêt de la notion de « famille en réseau », sa valeur en sociologie de la famille, ses incidences sur le modèle familiale ainsi que d’en fixer ses limites.
Ainsi, nous montrerons que la notion de « famille en réseau » marque la constitution d’un nouveau modèle familiale (I) que nous pouvons qualifier de nouveau modèle de famille (II).
Partie I : La famille en réseau symbole de recomposition familiale
La notion de « famille en réseau » étroitement à la situation des familles en recomposition marque la constitution d’un nouveau foyer familiale qui se constitue à la suite de la désunion d’un coup.
En ces termes, les deux auteurs constatent qu’au sein de la famille en « réseau » d’une part que nouveaux liens se tissent (a) entre les membres de cette famille en phase de recomposition et d’autre part que de nouvelles relations se créent (b).
La notion de famille en réseau marque la recomposition familiale d’un foyer en ce sens que de nouveaux liens se tissent au sein du noyau familial précédent éclaté qui se reconstitue.
En effet, si nous nous reposons sur la définition du terme réseau, nous pouvons suggérer que la famille en réseau correspond à une configuration observable, relativement durable de liens de nature et de fonction variées unissant les individus à l’intérieur d’un même groupe, d’une institution ou une société aux sens large.
En l’espèce, l’utilisation du terme réseau pour qualifier la famille en recomposition, les auteurs nous montre l’importance du réseau familiale qui se constitue après la recomposition familiale en ce sens que ces derniers constatent un entrelacement des relations de nature réciproque et égalitaire dans lesquels les aspects de la vie privée et publiques familiales sont confondues.
C’est en ces termes que Gouldeur et Gsandveltes ont souligné avec attention l’importance des liens ainsi tissés dans les transformations des modes de fonctionnement des familles du fait de la composition de la famille en réseau.
Dans le cadre de notre étude de la notion de famille « en réseau » nous pouvons supposer par analogie que la famille en réseau est constituée par les nouveaux liens qui se tissent au sein de la société familiale en recomposition.
C’est d’ailleurs, ce que tente de mettre en exergue Agnès Martal[2].
En effet, comme le montre Agnès Martal ces échanges favorisent la naissance d’un sentiment d’appartenance au sein de cette famille. Les liens du sang paraissent ne point avoir d’importance au sein d’une famille qui se recompose.
Nous exposant le processus de construction d’une famille recomposée Agnès Martal nous explique comment au sein d’un foyer le quotidien permet de créer des liens affectifs entre des les membres d’une même famille.
Selon Agnès Martal, ce phénomène s’explique par le fait que les membres de la famille recomposée peuvent ressentir un sentiment d’appartenance à une même famille au quotidien.
Aboutissant à cette conclusion Agnès Martal nous explique qu’au quotidien les membres d’une même famille s’apparente et reconstitue un lien familial affectif.
En effet, les comportements habituels au jour le jour marque les échanges entre les membres d’une même famille qui au regard des liens qui se créent agissent solidairement ensemble en réseau.
b) La solidarités au sein des familles en réseau facteur de recomposition familiale
La notion de famille en réseau se caractérise par le flux de relation et d’échange entre des individus qui a prime abord sont issus de famille différents qui ne se connaissent point.
Ces échanges constant entre les membres de cette famille qui s’apparente induit ainsi l’émergence de solidarités entre les membres de la famille en réseau.
Ces nouvelles solidarités se déduisent du sentiment de partage et de soutien familial que tente de mettre en œuvre les membres d’une famille en phase de reconstitution.
En effet, Jean Hellermault, Josettte Couat-Huther[3] constate que la composition de parenté repose non seulement sur les échanges relationnels mais aussi sur les solidarités qui se définissent par le terme d’ « entraide » dans le texte étudié.
Ceci signifie que des solidarités se créent en termes d’échange de service et de bien.
C’est d’ailleurs ce que décrit Claudine Atias Donfut[4]dans son texte.
En effet, Claudine Atias Donfut constate ; je cite : » le ciment des solidarités familiales est largement composé d’échange, de dettes et de réciprocité ».
L « entraide familiale » tel que le qualifie Didier Le Gall permet ainsi selon Agnès Pitroux non seulement de faire fonctionner la cellule familiale mais aussi de faciliter la recomposition de la famille puisque que des liens de solidarité se forment au sein du réseau familial.
Dans ce cadre là, le sentiment de solidarité est évident.
Il détermine les échanges entre les membres d’une famille qui entretiennent des relations du fait de leur appartenance à un réseau de parenté commun. Ce réseau de parenté fonctionne sous le schéma d’une famille partageant des liens affectifs réciproques.
En cela, une nouvelle forme de groupement reposant sur un système de parenté se forme puisqu’au sein de cette famille recomposée les individus agissent solidairement et contribue ensemble à construire de liens de solidarité paternelle, fraternelle et autre.
La relation de partage prime donc sur les liens du sang en ce sens que cette forme de relation induit que la parenté se déduit du lien social et économique qui marque l’existence d’une filiation accepté au sein de la famille recomposée.
C’est d’ailleurs se que remarque Agnès Martal et Agnès Fine.
Ces deux auteurs nous révèlent à l’issu de leur étude sur les familles recomposée que ce lien reposant sur un rapport de réciprocité entre parents, enfants, beaux-parents, beaux enfants est accepté par tous sachant que si nous nous référons à l’exemple d’Agnès Martal un demi-frère, une demi-sœur se disent frère et sœur et appelle leur beau-père « papa ».
La famille en réseau a donc pour intérêt de marquer la recomposition d’une famille qui se reconstitue grâce aux liens qui se forme et les relations de solidarité au sein du foyer familiale.
En ces termes, la question de la famille en réseau se pose en termes de recomposition d’un nouveau modèle familiale qui joue un nouveau rôle dans la société.
De fait, l’évolution du modèle familiale dans notre société contemporaine nous amène à nous poser la question se pose de savoir si la famille en réseau correspond à un nouveau modèle familiale.
Partie II : La famille recomposée nouveau modèle familiale ?
Cette question soulevée par de nombreux sociologues tels que Irène Théry, De Singly nous amène à pensée que la famille peut se définir comme nouveau modèle familiale en ce sens que la recomposition des familles favorise la création d’un nouveau foyer familiale(a) qui toutefois ne correspond pas au modèle classique de la famille (b).
« La famille ne serait-être réduite à un schéma type, elle est devenue une réalité pluriel ».
Le modèle familiale évolue et se recompose. Il ne correspond plus au schéma classique de la famille conjugale tel que décrit par Durkeim qui regroupe les parents et les enfants.
En effet, la famille en réseau se substitue à la famille traditionnelle.
Qualifiée de « constellations de famille » par Irène Théry[5], la famille en réseau ne se définit pas en terme précis comme un nouveau modèle familiale.
La famille en réseau semble se définir comme un nouveau modèle de familiale sui-generis puisque que parents, enfants, beaux-parents s’organisent pour constituer un nouveau foyer.
Au sein de ce nouveau foyer, un nouveau cercle familiale est crée du fait de la recomposition de la famille.
En effet, au sein des familles recomposés, il est fréquent que le beau-père tend à remplacer le père biologique qui est souvent défaillant dans le cadre de l’éducation de ses enfants puisque ce dernier n’entretien guère de relation avec
Le remariage aboutit à fonder une nouvelle famille nucléaire qui se détache de la précédente.
Ainsi, une nouvelle famille se juxtapose à l’ancienne éclatée en ce sens que l’ancien conjoint peut continuer à entretenir des relations fréquentes avec ses enfants qui appartiennent à un nouveau foyer familiale.
Dans ce cadre là, le réseau familial s’élargit se complexifie comme nous l’ont fait remarquer Didier Le Gall et Claude Martin, les évolutions de la famille ont induit que les foyers familiaux recomposés en réseau s’organisent en système « de réseau familiaux complexes[6].
En ces termes, le réseau familial se caractérise par de nouvelle relation et un système complexe que nous pouvons qualifie de famille multi parentale.
Ce modèle de substitution assimilée à la pluri-parentalité met en évidence deux modèles parentaux qui s’opposent de par leurs caractéristiques qui se déterminent par les relations entre les membres de la famille en terme de responsabilité, d’affectivité et de parenté lesquelles sont faibles au sein d’une famille en réseau.
Les théories selon lesquelles la famille en réseau constitue un nouveau modèle familiale sont donc remises en cause par divers sociologues telle qu’Andrew Charlin, Irène Théry et Durkeim.
b) La remise en cause de la famille en réseau comme nouveau modèle familiale
La famille en réseau qui se recompose apparaît comme une famille à risque.
L’instabilité conjugale qui la caractérise marque la corrélation entre dissociation composition, décomposition et recomposition d’un réseau de famille en ce sens que le réseau familiale se caractérise par des trajectoires différents qui contrastent selon l’âge des conjoints, des enfants et des autres membres de la famille : demi-frères et demi-sœurs.
La famille en réseau constitue donc une étape dans la constitution de liens familiaux solides lesquelles semble fragile selon Andrew Charlin.
Andrew Charlin ne considère que la famille en réseau qu’il qualifie de famille « seconde » manque de régulation puisque que cette famille qui se recompose en réseau souffre d’un manque de support institutionnel.
Andrew Charlin nous explique par ses mots que la famille en réseau n’est point reconnue par le droit.
En effet, il n’existe aucune norme, aucun texte spécifique dans le Code Civil pour gérer la situation de recomposition familiale outre les dispositions prévues pour réguler les situations de divorce.
En ces termes, n’ayant aucun statut juridique la famille en réseau ne peut être qualifiée de modèle familiale a part entière
En ce sens la famille en réseau apparaît comme un modèle familiale libre à géométrie variable dans la mesure où les membres de ce réseau familial se mobilisent selon les marges de manœuvres dont ils disposent en fonction du milieu social dans lequel ils évoluent et les formes de sociabilité qui se créent et s’insèrent au sein du nouveau foyer familial.
Dans ce cadre là, la famille en réseau n’est assujettie à aucune normalisation.
Les rapports au sein de la famille recomposée sont de plus en plus privés que publics.
En effet, a solidité des liens et des rapports des individus au sein de la famille en réseau repose donc sur le capital culturel, économique, social et affectif des relations lesquels peuvent se détériorées la proche parentèle biologique constitue le réseau de sociabilité principale et se dissocie de la parenté domestique du nouveau foyer.
C’est pourquoi nous constatons que le vide juridique constitue un « frein » dans la considération de la famille recomposée comme nouveau modèle familiale.
Ceci explique les raisons pour lesquelles propose de prendre acte juridiquement de la dissociation entre parenté biologique et domestique pour « inventer une pluri-parentalité » qui donnerait aux beaux-parents certains droit et devoirs à l’égard de ses beaux-enfants.
Irène Théry[7] nous montre donc à l’issu de cette propositions les difficultés de considérer la famille en réseau recomposée comme un nouveau modèle familiale qui se dissocie du modèle de parenté primaire qui repose essentiellement sur des liens biologiques et juridiques.
Ainsi, comme l’ont conclu Didier Le Gall et Claude marquant, la famille se dédouble en deux foyers distincts puisque « pour l’enfant, « la famille devient « bifocale ».
La famille en réseau ne se définit donc pas comme un modèle familial pour l’enfant qui appartient aux deux groupes familiaux : l’un fragmenté et l’autre recomposé.
Dans notre société contemporaine, la famille évolue.
En effet, les modèles familiaux complexes qui apparaissent se transforme chaque jour au vu des mœurs familiaux qui change en fonction du milieu dans lequel parents-enfants évoluent, les influences médiatiques ou autres que nous subissons ainsi que des politiques mises en œuvre par les institutions lesquelles se désinvestissent en droit de la famille.
La famille semble devenir un thème en désuétude qui s’insère dans une sphère de plus en plus privées comme nous l’a montré Durkeim et De Singly.
[2] Martel Agnès, Famille recomposée : famille qui s’apparente.
[3] Fine (A.) Parenté : liens du sang et liens du cœur », in Sciences Humaines, Hors-Série, n°23, décembre 1998/janvier 1999, p. 24-27.
[4] Atias Donfut (Cl.),: des générations solidaires, in Sciences Humaines, Hors Série, pp. 30-34.
[5] Le Gall (D.) et Martin (Cl .) « L’instabilité conjugale, et la recomposition des familles », Sous la direction de De Singly : la famille l’état des savoirs, p.59-60.
[6] cf textes étudié ligne 34.
[7] Théry (I.), « Trouver le mot juste : langage et parenté dans les recompositions familiales après divorce », in Jeux de Familles, p.117-125.