La drogue

Publié le par Dalila Sarah

Melle Dalila Sarah Zouache
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
LA DIMENSION SOCIO-ECONOMIQUE DE LA DROGUE
EXEMPLE DES ENQUETES ETHNOGRAPHIQUES
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
BIBLIOGRAPHIE
 

Dominique Duprez, « le Mal des banlieues ? Sentiment d’insécurité et crise identitaire », paru à L’Harmattan, 1996.

 

Bourgois (Ph.), En quête de Respect : Le Crack à New York, Collection Liber, Seuil, Paris, 1995.

 

Camara (M.), Tchapga (Fl.), Economie de la Drogue et Economie des réseaux, Communication pour le Colloque du Greitd , Mondialisation économique et gouvernement des Sociétés : l’Amérique latine un laboratoire, Paris les 7 et 8 juin 2000, Session IV : Corruption, Criminalisation des Pouvoirs et Illégalisme.

 

Kopp (P.), « La structuration de l’offre de la drogue en Réseau », Revue du Tiers-Monde, n°131, p.565-579, 1992.

 

Tarrius (A.), « Economies Souterraines, Recomposition Sociales et dynamiques des « Marges » dans une ville moyenne française », Sciences Contemporaines, 1992.

 

Whyte (F.), « Street Corner : Une Etape dans l’étude de la Structuration des Groupes », Sociétés Contemporaines,1992.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
INTRODUCTION
 
 

Devenue un phénomène croissant, la consommation de Drogue : Cannabis, Ecstasy, Cocaïne ainsi que la commercialisation de substances licites et/ou illicites rattaché au Monde de la Drogue traduit l’émergence d’une dimension socio-économique de la Toxicomanie qui s’insérant dans une logique de marché comme le démontre bons nombres de travaux ethnologiques, sociologiques et ethnographiques se détachant du contexte médicale, institutionnel et administrative du milieu de la Drogue.

                                           

Etudiant le Monde de la Drogue d’un point vue microsociologique à l’échelle des quartiers, les ethnologues ont démontré le développement de normes de production économique non seulement de consommation mais aussi de production de leurs économies au travers du Monde de la Drogue connaissant une recrudescence depuis de nombreuses années comme le souligne Dominique Duprez à l’issu de son interview mené par Claude Marchand propos de  « l’ampleur de l’économie souterraine liées au trafic de drogue ?» Ayant publié récemment dans la revue « Profils » les résultats d’une enquête collective abordant l’économie de la Drogue dans les quartiers en difficultés du Nord, Dominique Duprez jeune chercheurs au CNRS s’attache à expliquer la dimension économique et sociale de la Drogue apparaissant comme « un nouveau bien de consommation à commercialiser tel que le démontre de nombreux sociologues dans leurs enquêtes ethnographiques. Objet de commercialisation, la Drogue s’insère ainsi dans un mécanisme de marché générant des échanges économiques de produits licites et/ou illicites dans un contexte social paupérisé comme  l’illustre d’une part Philippe Bourgois dans « Shooting Gallery in East Harlem » et d’autre part Howard Becker dans « Outsiders ».

 

En ce sens, pour reprendre les propos de Dominique Duprez dans quelle mesure le contexte de l’économie souterraine de la Drogue marque la dimension économique et social de la Toxicomanie envisagé comme palliatif aux problèmes sociaux par les individus assujetties à ce milieu dans les quartiers en difficultés ?.

De fait, la dimension sociale et économique de la Drogue semble se justifier par la stigmatisation des quartiers en difficultés dans lesquels l’enclavement social induit une relégation des individus y résidant hors du système social de la Société Global  accroissant le phénomène d’exclusion du marché économique et sociale (1) dont l’issu se caractérise par la structuration de l’économies souterraine de la Drogue (2) assujetties aux risques sociaux, économiques, urbain et politiques intrinsèque au fonctionnement de notre Société.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1) Lien entre contexte de l’économie Souterraine et   dimension sociale de la Toxicomanie
 

La dimension économique et sociale de la Drogue se rattache à la formation d’une économie souterraine intégré dans un mécanisme de prix et de revenus déterminée par la loi et la demande du marché de types de produits et de milieux sociaux c’est-à-dire des revenus des consommateurs de drogues résidants dans tels ou tels quartiers.

En ce sens, il convient de souligner que l’augmentation de la demande détermine également, pour une large part, celle des flux d’approvisionnement de Drogue, notamment lorsqu’il s’agit de « stupéfiants de mode » comme le cannabis, l’ecstasy ou la cocaïne.

C’est d’ailleurs ce que souligne Dominique Duprez dans son études portant sur l’économie souterraine différenciées dans laquelle il démontre que la structuration de l’économie souterraine découle des rapports existant entre usages de la Drogue et classes sociales ce qui détermine cette dimension sociale et économique de la Toxicomanie.

En effet, à l’issu de cette enquête portant sur la commercialisation de la Drogue dans les quartiers pauvres du Nord livrés à la désindustrialisation et au chômage l’usage de la Drogue est dominant et se substitue à une socialisation normale dans la Société.

La drogue seul objet de socialisation dans les quartiers en difficultés par l’usage est devenue un objet de profits sachant que la dépendance accroît les besoins et les usages du consommateur de Drogue qualifié de Toxicomane ne disposant pas des revenus nécessaires pour se procurer les produits licites ou illicites en question.

 

En l’espèce, seule la délinquance, le trafic, de produits de stupéfiants, la combine et le recel constitue le moyen de se fournir ce « produit de l’oubli » permettant à ces individus à comblé le manque né du sentiment d’exclusion social dans la société. Face à cette rupture liée au rejet de la société, ces individus se réfugient dans la Drogue et crée leurs propres groupes de structuration de l’économie souterraine de la Drogue se traduisant par l’entrée dans les réseaux de trafics de Drogue comme processus de socialisation à travers deux entrées dans ce milieu.

Dans un premier temps, ce processus d’entrée dans le milieu de la Drogue transite autour de la socialisation dans la            vie de quartiers se caractérisant par l’apprentissage collectif de la Drogue et des activités marquantes qui lui sont attachées du fait de l’engrenage économique et sociale qui les a incité à suivre cette trajectoire de commercialisation de la drogue dans lequel se développe des relations proches entre les habitants ce qui facilite ainsi la mise en réseau informelle reposant sur des solidarités familiales solides structurant la vie économique et sociale de la vie sociale du quartiers sans aviver un sentiment d’exclusion et de transgression de la norme sociale. De fait, ces individus construsent leurs propre environnement social lié à la dimension sociale et économique de la Drogue ce qui détermine la seconde entrée dans le Monde de la Drogue afin d’éviter la fragmentation des structures de leur vie sociale.

Dans un second  temps, cette ouverture vers le Monde de la Drogue s’explique par la rupture des liens sociaux dans la famille et institutionnelle dans l’Espace Public du Politique souvent lié à une expériences biographiques majeures entraînant d’une part une entrée subite dans le Monde de la Drogue induite la perte de repères sociaux, et d’autre part la fragilisation des modes de vie déstabilisée par la perte d’un emploi constituant le socle de la vie sociale dans une société capitaliste tel que la notre.

C’est ainsi que la vente de Drogue se substitue au marché économique et social du système institutionnelle et politique régulant les normes de la vie sociétale dans l’Espace Public.

 
                                                                                                                  

2) La vente de Drogue substitue au marché économique et social

 

La vente de Drogue se substituant au marché économique et social s’insère donc dans ce cadre là dans une logique de marché économique et social dans lequel le trafic de stupéfiant remplace les structures institutionnelles d’insertion des individus dans le marché du travail légale. Ce phénomène s’explique par la similitude faite entre économie légale et illégale induisant l’émergence d’une économie de marché entre logiques économiques légales et illégales souterraines de Drogue se caractérisant par des structures d’organisation et d’échange identique à celui d’un marché économique classique.

En ce sens, se crée un mécanisme de formation des prix et de revenus selon la loi et la demande en fonction de la variété de produits et des formes d’organisation sociale informelle et formelle de distribution des produits licites ou illicites.

La vente de Drogue s’effectue soit par des dealers pouvant apparaître comme des vendeurs à la sauvette soit par des trafiquants expérimentés.

Dans ce cadre là, dans le milieu de la Drogue une division du travail s’opère entre les différents acteurs rattachés à la vente de Drogue.

Le Monde de la drogue se caractérise par une multiplicité d’acteurs se partageant des rôles et agissant dans leurs milieux selon la hiérarchie sociale, selon leur spécialité et leur fonction en adéquation avec l’ordre et la structure de l’environnement étudié c’est-à-dire celui de l’économie souterraine confronté aux risques économiques et sociales et urbaines de l’Espace Public du fait de la dimension socio-économique de la Drogue.

En effet, les Risques Sociaux Economiques et Urbain liés à la dimension socio-économique de la Drogue nécessite de procéder aux démantèlement de l’économie souterraine dans l’Espace Social se fragmentant par le développement de ce phénomène.

Ceci implique donc de comprendre le fonctionnement des filières  organisé sur le mode de la division du travail opéré en fonction du domaine de compétence et des techniques requises pour le trafic de Drogue.         Ainsi, cette description du milieu permettra de décrire la structuration des réseaux en vue de les affronter sous forme d’action de prévention, de sensibilisation et/ou de répression économique et sociale auxquels il est nécessaire de remédier pour réinsérer les quartiers défavorisés dans le champ géographique de la Société.

En ces termes, le Monde de la drogue décrit précédemment apparaissant sous la forme d’une répression économique dans les quartiers en difficultés s’accompagne d’une politique de lutte contre le trafic de stupéfiants se traduisant par la mise en œuvre action forte, dissuasive, préventive et sanitaire, visant à réduire la demande et la consommation de drogues notamment pour les jeunes délinquants influencés par ce milieu. En l’espèce, la question de la Drogue devenue une question centrale pour la Société s’articule donc autour des problèmes sociaux, économiques et politiques consistant à gérer les Espaces urbains par la de structuration des filières et des réseaux liés à la Drogue dans les quartiers en difficultés

Cependant, malgré la répression du trafic pour diminuer la disponibilité des produits reste essentielle comme le présente les statistiques de la MILT. Le trafic de Drogue dans sa dimension sociale économique apparaît sous la forme d’une économie mafieuse dans laquelle il est difficile de pénétrer du fait de son extension au-delà des frontières défavorisée et de sa variété dans les diverses échelles du Mode de la Drogue.

 
 
 

ANNEXE 1 :

Témoignage de Dominique Duprez dans l’article sur les dimensions différenciés de la Drogue :

L’économie mafieuse est liée à l’ensemble des formes de trafic, il n’y a pas un type de trafic qui serait mafieux et un autre qui ne le serait pas. Le trafic de cannabis, par exemple, ne génère pas en tant que tel automatiquement une délinquance, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des familles qui en vivent bien, très bien. En fait, troisième remarque, les économies souterraines se mesurent aussi en fonction des types de trafics. Il y a les « fourmis ». C’est un schéma assez classique d’usagers-revendeurs. Voyage à Rotterdam - à deux heures de Lille - pour consommer, dans des appartements bien connus. Puis revente à des amis dans les quartiers pour, surtout, financer l’usage. Au mieux, une partie de la recette sert à faire vivre sa famille. C’est en quelque sorte le trafic de la misère. Il y a ensuite le trafic des clandestins, généralement repoussé aux portes de la ville. Originaires souvent du Maroc ou de l’Algérie, ces immigrés arrivent en France dans le dénuement le plus complet. L’argent facile et vite gagné de la drogue est paradoxalement pour eux le moyen de s’intégrer. Ils sont très exposés, car il n’y a de solidarité ethnique, et ils dérangent les dealers locaux intégrés à l’économie mafieuse du quartier. Enfin, troisième forme de trafic, le réseau à assise communautaire, intégrant toute une famille. Un réseau pyramidal avec son fournisseur à Rotterdam, ses passeurs, ses logeurs, ses vendeurs, son « banquier »... Jusqu’à une quarantaine de personnes, comme dans un cas jugé récemment, mère comprise, mais aussi des extérieurs à la famille. C’est ici quantitativement une forme d’organisation marginale, peut-être moins en région parisienne, mais extrêmement importante en termes de masse financière.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
ANNEXE 2 :

_______________  Thématique: Répression des usages prohibés et des trafics______________________________

______________________ Substance considérée : Cannabis_________________________________________

Interpellations pour usage de stupéfiants
(dont cannabis) et usage de cannabis
Evolution depuis 1990

 
 

 
 
 
Constat

En 2004, les forces de police et de gendarmerie ont procédé à un peu plus de 100 000 interpellations pour usage de stupéfiants. Depuis 1990, ce nombre est en augmentation quasi continue. Entre 1996 et 2002, cette hausse était entièrement liée à la croissance des interpellations pour usage de cannabis. Depuis 2003, les interpellations pour usage d’autres substances sont en augmentation après presque diminué chaque année pendant 7 ans. En 2004 les  interpellations pour usage de cannabis représentent néanmoins 90 % de l’ensemble des interpellations pour usage de stupéfiants.

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Publié dans poetica

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