Les partis politiques européens.
LES PARTIS POLITIQUES EUROPEENS
Allons-nous vers des partis transnationaux ?
-Bartolini S. (2001), « La structure des clivages nationaux et la question de l’intégration dans l’Union européenne », Politique européenne, n°4, p.15-45.
-Cabrol K. (2002), « Les partis politiques et l’intégration européenne, Politique européenne, n°6, p.5-17.
-Delwitt P., Kulhaci E, Van de Walle C. dir, (2001), Les Fédérations européennes de partis. Organisation et influence, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles.
-Politique européenne, « Vers une européanisation des partis politiques ? », n°16
1-La structuration des partis politiques européens à l’épreuve d’un système partisan
a) L’impact de l’intégration européenne sur la structuration des partis
b) La représentation politiques européennes à l’épreuve des clivages nationaux
c) une représentation citoyenne floue de la structuration des partis politiques européens
2-Une vision stato-nationale trop réductrice de la nature des partis politiques européens
a) La nécessité de dépasser les frontières l’influence des partis politiques européens et leur action au niveau communautaire
b) les partis politiques européens au sein des institutions communautaires
c) des perspectives et des solutions à envisager.
Les partis politiques européens sont-ils des acteurs en devenir[1] ?
A priori oui surtout si l’on réfère à l’article 191 du traité de Nice.
« Les partis politiques au niveau européens sont importants en tant que facteurs d’intégration au sein de l’Union. Il contribue à la formation d’une conscience et à l’expression de la volonté politique des citoyens au niveau européen.»
Ces dispositions institutionnalisant les partis politiques européens explicite clairement leur rôle dans la construction communautaire. Toutefois considéré comme primordial au développement de la démocratie, ils sont confrontés à la nécessité d’affirmer leur place tant au niveau national que communautaire. D’ailleurs, contrairement à d’autres acteurs apparus dès la construction, les partis politiques européens ont connu une lente et progressive consécration et évolution dans l’édifice d’un espace public européen.
Aujourd’hui, l’émergence et l’existence des partis politiques européens semblent être explicitement définie. Cependant, reste à déterminer qu’elle est leur situation dans l’espace politique européen et national des Etats membres. Allons-nous vers une transnationalisation des partis politiques européens.
En l’espèce, il s’agit de se demander quelle vision des partis politiques européens occupe les esprits de la société civile ignorante quant à l’organisation et à l’influence de ses structures dans le processus décisionnel européen.
La première étape de l’avènement des partis politiques européen se caractérise par la création de groupes parlementaires dan le cadre de l’Assemblée commune comme le prévoit l’article 33 bis du Règlement de l’Assemblée envisageant la possibilité pour les délégués du Parlement de se constituer en groupes parlementaires. Ainsi, au départ, trois groupes politiques apparaissent : les démocrates-chrétiens, les socialistes et les libéraux. Progressivement, d’autres groupes correspondant aux grandes familles partisanes se constitue sans pour autant d’effet boomerang sur la mise en place d’un espace public européen. Mais, par la suite, les perspectives de l’élection du Parlement Européen provoque un retournement de situation et conduit à l’émergence de vrais partis politiques européens ouvrant la porte à une « Europe des patries » devenue entre 1974-1978 « l’Europe des parties ». Malheureusement, ce ne sont pas des parties politiques à proprement parler. Ils s’assimilent plutôt à des groupes parlementaires et des fédérations de parties ayant pour objectifs d’exercer un véritable rôle au niveau européen et de produire de pertinentes idées politiques au sein de l’Union Européenne.
De fait, trois fédérations issues de groupes parlementaires se forme au sein du Parlement Européen. Il s’agit des démocrates-chrétiens, des socialistes et des libéraux.
Après les premières élections au Parlement Européen, les partis connaissent une phase de stagnation pendant laquelle le processus électoral fait apparaître la prééminence du phénomène partisan national. En effet, les manifestes électoraux illustrent les divergences partisanes entre les composantes nationales et les fédérations nouvellement constituées. Cela s’explique par le fait que les élections sont menées par les candidats nationaux confinant les fédérations dans de simples missions d’élaboration des programmes électoraux, d’organisation de conférences voir de distribution de conférence.
Cette phase de stagnation succède à la renaissance des partis dans les années 1990 période pendant laquelle les leaders politiques instituent des sommets européens pour se rencontrer et coordonner leur point de vue sur le développement politique de l’Union Européenne en vue d’accroître leur visibilité et lisibilité sur la scène européenne.
Mais, malgré leur développement organisationnel les partis politiques européens
Parviennent difficilement à exercer leur rôle dans la construction d’une conscience européenne commune nécessaire pour créer un espace public européen.
A priori, cette structuration difficile des partis politiques européens découlerait de l’impact de l’enjeu européen freinant le débat politique ascendant et descendant facilitant la transnationalisation des partis politiques européens et nationaux. Le dépassement des frontières permet alors de relier ainsi la sphère politique nationale et européenne. La fusion de ces deux camps politique engloberait ainsi l’espace public européen ne faisant plus qu’un pour établir une volonté politique et un projet commun.
Mais, la réalité est tout autre. D’une part, l’affirmation de l’autonomie des partis politiques européens est indéniables et d’autre part, ces derniers sont traversés par un phénomène partisan aboutissant à l’expression d’une fausse représentation de l’action réelle des partis européens et sur une reconnaissance moindre par la société civile. Cela illustre bien l’existence de deux systèmes différents qui s’opposent et qui montre que la structuration des partis politiques européens est difficile d’autant plus qu’ils sont confrontés à l’accusation d’être à l’origine de la fragmentation des partis politiques nationaux et qu’ils sont eux-mêmes à l’épreuve des assauts des partis nationaux réticents à la consécration d’un espace public européen. En l’espèce, l’influence politique entre les institutions de l’Union et les Etats membres réduit la possibilité de dépassement des frontières facteur de propagation de partis politiques transnationaux. La multitude de groupes d’intérêts, de partenaires sociaux non gouvernementales aboutit à la création d’une « société civile organisée » plutôt que d’un espace public européen. De fait, cela aboutit selon Olivier Costa à réduire le lien entre les électeurs et les députés européens représentant d’un parti politique et leur impose de s’adapter à la nature spécifique de l’Union européenne pour se structurer.
1-La structuration des partis politiques européens à l’épreuve d’un système partisan
a). L’impact de l’intégration européenne sur la structuration des partis
Les parties politiques et les systèmes de partis sont-ils affectés de manière forte et significative par les enjeux de l’intégration européenne au point de pouvoir parler d’une recomposition de ces systèmes ? Peut-on également parler « d’européanisation » des partis et des systèmes de partis européens ? Dans quelles conditions, des partis politiques, et plus encore un système de partis, est en voie d’émergence au niveau communautaire ?
Par conséquent, on réalise qu’il existe des clivages naissant de l’intégration européenne mais pas seulement : certains clivages sont nés de l’édifice national, en particulier la dimension gauche- droite. Les partis occupant des positions stables au sein des systèmes de partis, sont incités à incorporer les enjeux européens dans leurs positionnements gauche- droite, ce qui parfois les divise. Par exemple, la France connaît des divisions intra-partisanes ou intra-blocs partisans qui peuvent révéler une certaine perméabilité du système de partis à l’enjeu européen. Selon l’analyse de Laurent Olivier, le PS connaît une situation complexe où s’entremêlent européanisation du clivage gauche- droite et maintien de lignes de fracture sur l’intégration européenne (divisions internes au PS sur la Constitution européenne). Pour ne pas prendre un exemple unique, nous pouvons évoquer le cas du parti conservateur en Angleterre. Selon Karine Cabrol, depuis 1990, date de la ratification du Traité de Maastricht, l’intégration européenne est devenue un véritable enjeu politique. Les dissensions intra- partisanes liées à l’Europe semblent expliquer l’implosion et de la défaite électorale du parti conservateur en 1997, après 18 ans de règne continu.
-la première, appelée « fit », affirme qu’il n’y a pas européanisation si les programmes des partis et l’agenda européen sont convergents. Au contraire, les partis tireront profit de cette convergence comme mode de légitimation de leurs positions politiques nationales (exemple en matière économique et budgétaire). L’européanisation s’exprimerait en revanche pleinement en situation de « misfit », les développements des politiques européennes venant « faire pression » sur les partis et les contraignant au changement programmatique ou au refus de la contrainte européenne (les partis sont contraints à se positionner).
Dans cette hypothèse de conflits, d’oppositions liés au processus d’intégration européenne (puisque les partis doivent se saisir de l’enjeu européen), il est possible d’identifier trois types d’opposition dont la distinction demeure subtile :
-les conflits et oppositions peuvent porter sur le soutien ou pas à l’intégration, à l’adhésion ou le rejet du projet
-les conflits et oppositions peuvent être articulés à l’intégration, entre partenaires et adversaires d’une intégration plus ou moins avancée, d’une extension ou d’une limitation des compétences et des pouvoirs communautaires et/ ou du contrôle sur les décisions nationales
-les conflits et oppositions peuvent être articulés à l’orientation de l’intégration, à propos de la nature d’un projet, ça concerne les règles internes à l’UE (des détails tels que la garantie des droits sociaux, nécessité d’un cadre institutionnel).
Alliances, oppositions, alignements générés par le processus d’intégration, interagissent avec les systèmes de représentation nationale. Cependant, le système partisan français est caractérisé par le clivage gauche- droite (opposition classique entre travailleurs et classes possédantes). Certains chercheurs, analysant l’attitude des partis européens et des familles partisanes vis- à –vis de l’UE, affirme que le clivage gauche- droite entre en interaction avec la dimension intégration/ indépendance( sous- entendu intégration ou indépendance à l’UE ).
Par exemple : la réconciliation de certains partis de gauche et l’opposition croissante de certains partis de droite font que ces deux dimensions sont devenues plus indépendantes l’une de l’autre.
La dimension intégration/ indépendance constitue un clivage qui tend à être de plus en plus absorbé par le clivage gauche/ droite dans les électorats nationaux ; dans la naissance des partis opposés à l’intégration[2] (cf. tableau de S. Bartolini p36).
Stéphane Bartolini dans l’article p15-45), propose quatre hypothèses dans lesquelles cette interaction pourrait avoir lieu [3]:
-La logique d’européanisation des clivages nationaux : les partis nationaux sont obligés de se regrouper dans des partis européens qui à leur tour, sont obligés de s’aligner sur un commun dénominateur politique, l’axe gauche/ droite. C’est l’exemple type du parti socialiste (PS) qui tente de dessiner les perspectives d’une social- démocratie européenne au sein du parti socialiste européen (PSE). Le PS français exporte des thèmes nationaux au niveau du PSE.
-L’internalisation : les conflits sur l’intégration sont produits au sein du système national des clivages et contenus à son niveau, les partis nationaux tentent de les incorporer dans leur offre électorale et les enjeux de la compétition.
-L’européanisation du clivage pro/ anti- européen : la production de conflits et d’oppositions spécifiques à l’intégration européenne apparaît autour des élections européennes, des partis et du Parlement Européen, mais elle restera largement absente au niveau nationale.
-L’externalisation : émergence d’un nouvel enjeu à l’intérieur des systèmes de partis nationaux. Ces nouveaux conflits seront externalisés dans le processus européen.
Généralement, la question de l’intégration européenne est considérée comme ayant un impact sur la structuration des systèmes partisans. C’est le cas français et notamment de la droite française.
La seconde moitié des années 1990 s’est caractérisée par une période de mutation accélérée des partis de la droite française, marquée notamment par une série de scissions concernant tant l’UDF que le RPR puis par un mouvement d’intégration dans l’UMP nouvellement créé. On assiste à l’apparition de partis souverainistes (comme le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers dès 1994) et à la revendication spécifiquement pro- européen de l’UDF qui depuis 1998 a contribué au renouvellement de l’utilisation stratégique de cet enjeu.
Ainsi, on peut affirmer que « l’Europe constitue dès lors un élément troublant dans l’espace politique français, en particulier à droite ».
Ce laïus est intéressant mais il apporte une vision négative de l’intégration européenne du rôle et de l’action des partis politiques européens. Rester à une vision stato-nationale des partis politiques européens dessine une théorie réductrice de la nature des partis politiques européens
c) une représentation citoyenne floue de la structuration des partis politiques européens
Après avoir étudié l’impact de l’Europe sur les partis européens, se pose la question de la représentation nationale, en termes d’efficacité.
En effet, de quels acteurs la population reçoit des éléments d’information et se forge une opinion à propos de l’intégration européenne ?
A un niveau individuel, il est plus difficile d’anticiper l’impact de l’intégration dans l’UE. Concernant les électeurs, de nombreux désaccords portent sur la question de savoir jusqu’où le soutien ou l’opposition des individus à l’intégration européenne sont « structurés » ou restent « confus ». Selon certains chercheurs, il n’y aurait pas véritablement de soutien ou d’opposition au sein de l’opinion publique mais plutôt un sentiment vague, peu informé et mal formulé de non- intérêt et d’incompétence ; qui témoignerait du déficit d’attitudes structurées à l’égard de l’UE (ainsi on pourrait parler d’un « déficit démocratique »). D’autres analyses soulignent au contraire que des attitudes structurées sont en train d’émerger dans l’opinion publique, associant les dimensions gauche- droite et intégration/ indépendance. Au vue de ces analyses contradictoires, une question mérite d’être posée : doit- on remettre en cause l’absence ou la mauvaise information des électeurs ?
Pour cela, on doit identifier deux types d’acteurs participant à l’information :
-des acteurs politiques : partis politiques nationaux et européens, bien qu’il existe une meilleure proximité avec les partis nationaux, tous peinent à formuler une position sur le thème de l’intégration européenne.
-Des « canaux non- politiques » : groupes d’intérêt, groupes corporatistes, groupes professionnels, médias qui produisent et transmettent les attitudes et les orientations par rapport à l’intégration.
Par ailleurs l’échec du referendum de mars 2005 relatif au projet de traité établissant une constitution pour l’Europe, avait mis l’accent sur la carence d’information des électeurs et des citoyens, en général.
b) Les représentations politiques européennes à l’épreuve des clivages nationaux
Si l’impact de l’enjeu européen est bien réelle dans les vies politiques nationales, implique t’il pour autant des recompositions et réalignements ? Plus fondamentalement encore, a t’il comme conséquence une européanisation des vies politiques et des systèmes de partis ?
Peter Mair avait avancé la thèse d’un « impact limité » des enjeux européens sur les systèmes, car selon lui il existe une capacité de résistance des clivages politiques nationaux pour absorber l’enjeu européen.
Nicolas Sauger dans « Sur la mutation contemporaine des structures de la compétition partisane en France : Les partis de droite face à l’intégration européenne », montre que si l’enjeu européen a bien contribué à faire émerger, au sein de la droite modérée française, de nouveaux partis souverainistes, l’hypothèse du réalignement du système de partis en fonction de cet enjeu ne peut être empiriquement validée. En centrant son analyse sur les partis de droite en France, il démontre l’existence d’un lien entre clivage sur l’intégration européenne et clivage gauche- droite.
Prenant une perspective d’analyse plus large (plusieurs pays et l’ensemble du spectre électoral), Robert Andersen et Jocelyn Evans, apportent une réponse plus nuancéesur le casde la France, mais concluent néanmoins que « les conditions d’émergence d’un clivage sur l’Europe sont encore non réunies » en Italie, aux Pays- Bas, en Belgique ou au Luxembourg.
Certes, l’intégration européenne a a priori un réel impact sur la structuration des partis politiques européens souffrant également d’une fausse représentation à cause des clivages partisans nationaux. Mais, nous parlons de partis politiques européens qui s’expriment à l’échelle communautaire. En cela ne faut-il pas jongler avec les deux strates et ne pas se confiner dans une perspective réductrice.
2) Une vision stato-nationale trop réductrice de la nature des partis politiques européens
a) La nécessité de dépasser les frontières
Rechercher à définir la frontière intégration/indépendance » et raisonner en termes de clivages partisans gauche/droite conduit à sous-estimer et à apporter une vision trop réductrice de la structuration ainsi que de l’influence des partis politiques européens dans la production des politiques européennes. Ainsi, la difficulté pour les partis politiques européens d’affirmer un leadership institutionnel et de jouer leur rôle de coordinateur dans l’élaboration de l’action publique européenne s’expliquerait par une certaine réticence d’accepter l’expression d’un jeu à deux niveaux permettant de faire apparaître les liens entre les acteurs politiques nationaux et non-nationaux impliqués pour aboutir à l’émergence de partis politiques transnationaux.
En cela, dans cette conception bi-dimensionnelle les partis politiques européens contribuent d’une part à politiser les problèmes sur des strates différencier. C’est pour cela que nous parlons de « multi level system » ou de « multi level governance [4]». Ce procédé permet la diffusion l’autorité politique du niveau national au niveau supra et infra-nationaux. Ce phénomène s’intensifie du fait de l’absence d’Etat européen. En effet, il serait préférable de fonctionner sur un système de gouvernance en réseau caractérisé par des relations formelles, informelles de coordination entre les différents niveaux de pouvoir vertical et horizontale (européen, national, régional, exécutif, parlementaire et judiciaire).
Ce mécanisme influe sur la création de plusieurs niveaux de partis politiques et favorise le pluralisme et l’agrégation des intérêts dans le cadre du processus décisionnel européen.
Par ailleurs, dans cette perspective, les partis politiques européens sont vus comme des acteurs de liaison. L’Assemblée commune représenterait ainsi le lieu d’expression politique des partis politiques intermédiaires des acteurs politique nationaux au sein de l’Union Européenne.
Ainsi, selon Kenneth Dyson et Kevin Featherson le problème de l’existence d’un réel système découlerait du déficit démocratique. Le remède efficace consisterait pour les partis des différentes strates de participer au débat politique tourner vers un objectif de complémentarité plutôt que de rivalité. En exemple, nous pouvons évoquer l’alliance entre le parti conservateur et démocrate chrétien. En l’espèce, cette solution permettrait d’aboutir à l’agrégation des intérêts et à résorber le déficit démocratique. En cela, les partis politiques et les fédérations européennes sont assimilés à des agences chargées de diffuser des idées à travers des frontières. Toutefois, la théorie ne correspond pas à la pratique. L’image négative des partis politiques européens nous apporte un sentiment d’échec de leur structuration dans un système de
Ainsi, ce système de gouvernance à plusieurs niveaux revêt une importance capitale pour étudier l’enjeu de l’intégration européenne sur les transformations du débat politiques nationales et des politiques publiques au sein des Etats membres. Cette vision stato-centré est réductrice de la réelle influence des partis politiques européenne et ne permet pas de dégager leurs poids réel de ces partis et leur mode de fonctionnement.
b) les partis politiques européens au sein de l’Union européenne
Sans parler d’européanisation des partis politiques européens, pouvons nous songer à l’existence d’une Europe des Socialistes ou d’une Europe des droites ?
Comment ces partis politiques organisent leur travail ? Comment s’expriment-il au niveaux européens ? Existe-t-il un équilibre au sein de ces partis ?
L’étude récente du professeur Guerassimos Mosdonas nous a amener à réfléchir sur l’équilibre politique au sein du PSE qui a connu une genèse difficile contrairement aux partis de droites
Les élections européennes de 1999 avaient conduit à un certain recul du PSE en Europe. Les rapports de force interne au PSE et le manque de cohérence idéologique d’une gauche européenne ayant peine à se traduire dans les faits de son slogan de « l’Europe Social » montre que ce parti socialiste européen doit encore s’affirmer. Mais, l’entrée des dix nouveaux pays membres risque autant que le développement des bons scores des partis socialistes en Espagne et en France de faire évoluer les rapports de force interne du PSE au sein du sixième Parlement Européen élu au suffrage universel direct. Cela peut contribuer à créer un équilibre plus égalitaire au Parlement européen même si des risques de clivages peuvent persister.
Dans ces pays pris globalement, les partis sociaux démocrates sont moins forts, et les formations appartenant au PPE ou aux libéraux, Démocrate et Réformateur (ELDR) plus puissants. D’après certaines prévisions, les rapports de force au sein du nouveau Parlement Européen devraient se modifier au profit du PPE et l’écart entre ce dernier et le PSE s’accroître légèrement.
Ainsi, la faiblesse des sociaux-démocrates dans les dix nouveaux pays membre, le rôle des représentants des dix nouveaux Etats sera moins important dans le PSE que dans le groupe parlementaire du PPE. Au sein duquel les dissensions internes semble plus importants aujourd’hui que celle du PSE. Mais, le PSE aura également à gérer les défis et les contradictions de l’élargissement tout comme les autres euro partis. Le risque d’un nouveau clivage entre les pays membres et les nouveaux entrants ne semblent pas probable d’autant plus que les fédérations de partis représentent des contrainte importante pour les partis membres nationaux notamment au sein de la Commission et du Conseil. En cela, les options d’un parti national sont limitées surtout s’il provient d’un petit pays comme les nouveaux membres à l’exception de la Pologne. Ces diverses affirmation nous amène à nous demander si les europartis sont de véritables partis même s’ils contribuent au sein de l’Union Européenne à la cohérence des élites.
Ce constat montre qu’au sein du Parlement Européen, les partis politiques européens impose plus de contraintes que les partis politiques nationaux. En effet, ces fédérations de partis participe activement à la nomination du Conseil et de la Commission et interviennent dans l’élaboration de l’Agenda Ainsi, les acteurs partisans européens deviennent les élites de l’Union européenne notamment en ce qui concerne les fédérations de partis les plus anciennes et les plus importantes telles les verts, le parti européens libéraux, le PPE, l’ELDR.
Ce système de partis issus de groupes parlementaires englobe toutes les familles partisanes.
Par ailleurs, l’existence d’un lien interinstitutionnelle entre le Président du groupe parlementaire et les grands leaders nationaux des plus grandes Fédération de partis traduit par l’organisation de nombreuses réunions révèle l’importance des partis politiques européens. Dès lors, la question se pose de savoir si nous pouvons réellement parler du monopole des partis politiques nationaux puisque ces derniers se borne à participer de façon indirecte à l’élaboration de l’Agenda.
Dans cette perspective, les partis politiques européens semblent plus autonomes et plus influents que les partis politiques nationaux[5].
Selon Hans Schmitt et Thomasson, les partis politiques européens représente une contrainte non négligeable. Ils forme des groupes politiques influents au niveau communautaire mais leur légitimité reste à rechercher du coté des électeurs nationaux désigné comme les citoyens européens dont dépend la construction d’un véritable espace public européen.
Les électeurs européens sont certes affubler de fausses informations sur les partis politiques européens mais cela ne signifie pas qu’ils ne s’intéressent pas aux problèmes traités au niveau européen. En effet selon un sondage de 1999 concernant la tendance des électeurs à ne pas voter sur les problématiques européennes, seulement 44 pourcent contre 33 de l’échantillon interrogé annoncent voter en faveur de sujets nationaux. Même si étude ne permet pas d’évaluer le comportement politique réel mais elle montre qu’il existe un amalgame entre les idées politiques nationales tel que celui qui apparaît entre les partis politiques nationaux et européens. De même, l’image négative du Parlement européen ancré dans le débat et les mentalités nationales révèle une réversion pour l’enjeu Européen.
Ainsi, premièrement, la création de vrais euros partis transnationales excluant l’idée de fédérations de groupes tentant de former de vrais partis nationaux permettra d’instituer une réelle concurrence entre deux types de partis et de distinguer distinctement l’ensemble des questions relatives soit aux problème de l’espace public national soit européen. Cela suppose dans un second temps que les partis politiques nationaux se retirent de l’arène électorale européenne laissant place aux fédérations de parti auxquels il appartient de mener la campagne électorale par l’organisation des élections et en choisissant un candidat parmi la majorité de ces groupes parlementaires.
Enfin, il parait possible de proposer aux partis nationaux de choisir un candidat au niveau national parallèlement à celui sélectionner au niveau européen. Cette solution suppose de mettre en œuvre deux campagnes distinctes avec un label hybride combinant les deux types de partis. Ainsi, un programme sur les questions européennes pourrait être établie. Cela permettrait de politiser les clivages proeuropéens et pro eurosceptiques. Les électeurs seraient éclairés sur les sujets européens et auraient non seulement plus de choix .En cela, cela contribuerait à créer une structure panoreupéenne favorisant une plus grande européanisation du choix électorale. Mais, cette stratégie à court terme exige de renouveler en priorité l’offre électorale qui se trouve confronté aux difficultés spatiales et temporelles. Les partis politiques européens issus de groupes parlementaires à l’origine comme ce fut le cas en France ne doivent-ils et ne vont-ils pas évoluer en de vrais partis politiques indépendants disposant de leur propre formation, moyens, d’un statut légitime et reconnu par tous.
Aujourd‘hui, la question se pose de savoir quelle conséquences vont naître sur la structuration des partis politiques nationaux ?
La première question à débattre portait sur l’idée que se fait l’opinion publique sur l’intégration européenne. Certains pensent que l’opinion publique manque réellement d’information au niveau européen ce qui conforterait la thèse de P. Mair (thèse de l’impact limité de l’enjeu européen).
La deuxième question porte sur les différents clivages
- le clivage gauche- droite se pérennise dans le temps car il regroupe touts les thèmes.
-le clivage pro/ anti- européen existait de manière visible dans les années 1990. Mais aujourd’hui, tous les partis convergent vers l’Europe qui s’inscrit dans les canaux de gauche et de droite. Elle est devenue une idéologie. Par exemple, au sein du PS, il n’existe pas vraiment de divergences, tout est une question de stratégie.
- Enfin, concernant les clivages nationaux, il convient de souligner qu’ils ne sont pas tous les mêmes par rapport à la cohérence des partis européens. Dès lors, on pourrait se demander comment les partis européens influencent les partis nationaux si l’on considère que ceux- ci manquent de structures, qu’il ne génèrent pas de politisation.
[1] Delwit P., Kulhaci E et Van de Walle C., Les Fédérations de partis. Un acteur en devenir, in Les Fédérations de partis. Organisation et influence, 2001.
[2] Cabrol K. (2002), « Les partis politiques et l’intégration européenne », Politique européenne, n°6
[3] Bartolini S. (2001), « La structure des clivages nationaux et la question de l’intégration dans l’Union européenne », Politique européenne, n°4
[4] Karl Magnus Johansson, Vers une théorie de Fédérations de partis, in Les Fédérations européennes de partis. Organisation et influence
[5] Sondage de l’Eurobaromètre en 1994